Les mesures de restrictions de l'usage de l'eau prises à Bolbec et sa région (Seine-Maritime) après une pollution vont être prochainement levées pour une partie des habitants concernés, a-t-on appris mercredi auprès de la Communauté de communes Caux vallée de Seine (CVS).
Des travaux de raccordement avec un autre réseau, achevés le 17 août, ont permis d'alimenter à nouveau 4.500 habitants en eau potable. Des analyses de cette eau sont en cours et les mesures de restriction devraient être levées "fin août-début septembre", selon le site internet de la CVS.
L'Agence régionale de santé (ARS) de Haute-Normandie a déjà autorisé à nouveau, le 21 août, l'usage de l'eau du robinet dans une commune de mille habitants également touchée, mais ne dépendant pas de la CVS, à la suite de travaux similaires.
Après ces premières mesures, quelque 16.500 habitants restaient concernés fin août par les mesures de restriction pour les usages alimentaires prises fin juillet.
Ils devront patienter encore vraisemblablement "plusieurs mois", selon l'ARS, le temps de construire une canalisation de 11 km pour les raccorder à une nappe saine. En attendant, la CVS leur distribue de l'eau minérale.
Ces mesures de restriction ont été prises à la suite d'une pollution provenant de l'usine pharmaceutique ORIL industrie de Bolbec, appartenant au groupe Servier. Cette pollution est due à une substance, la "N-Nitrosomorpholine", qui n'était jusqu'alors pas recherchée dans les analyses de l'eau mais qui est aujourd'hui considérée comme "potentiellement cancérigène", selon l'ARS, en cas de consommation prolongée.
Depuis, l'entreprise a cessé ses rejets et devait faire réaliser à la demande du préfet de Seine-Maritime "une étude sur les sols de l'usine et sur la nappe phréatique" qu'elle devait remettre fin août.
De son côté, EELV a estimé mardi dans un communiqué qu'un mois après la détection de cette pollution de nombreuses questions restaient sans réponse, notamment sur la durée et l'ampleur de cette pollution. "La responsabilité des pollueurs, des collectivités et de l'Etat doit être totale parce que nous atteignons le point de non-retour", jugent ces écologistes.