Des mesures de restrictions de la consommation d'eau ont été prises à Bolbec et sa région (Seine-Maritime), à la suite d'une pollution d'origine industrielle détectée dans un captage, a annoncé jeudi le ministère de l'Ecologie.
Selon le ministère, cette pollution a pour origine l'usine pharmaceutique ORIL industrie de Bolbec appartenant au groupe Servier. A la demande du ministère, le préfet de Seine-Maritime a prescrit à l'entreprise de "faire réaliser, dans un délai de trois semaines, une étude sur les sols de l'usine et sur la nappe phréatique".
Le préfet pourra imposer le cas échéant des mesures de dépollution. "Dans la mesure où sa responsabilité est établie dans l'origine de la pollution des captages, la société ORIL industrie est civilement et financièrement responsable des conséquences de cette pollution", ajoute le ministère.
Cette pollution est due à une substance, la "N-Nitrosomorpholine" (BIEN N-Nitrosomorpholine), qui n'était jusqu'alors pas recherchée dans les analyses de l'eau. Elle a été détectée "en très petite quantité" dans ce captage, selon la Communauté de communes Caux vallée de Seine (CVS) à laquelle appartient Bolbec et dont l'une des compétences est l'eau.
Suite à cette détection, le préfet a recommandé de ne pas utiliser cette eau pour des usages alimentaires. La CVS, qui invoque "le principe de précaution", a mis en place une logistique de distribution d'eau minérale à l'intention des populations concernées et a commencé à prendre des mesures pour sécuriser ses approvisionnements en eau.
Dans un communiqué jeudi, ORIL Industrie indique que le site de Bolbec ne produit pas de N-Nitrosomorpholine, mais que cette substance pourrait être issue de la dégradation de la Morpholine qui se produit dans sa station d'épuration, au contact des nitrites.
Selon l'entreprise qui se dit "pleinement mobilisée pour faire face à cette situation", ce produit ne présente pas de "caractère polluant" en tant que tel. "La Morpholine est un produit couramment utilisé dans l'industrie chimique, pharmaceutique, métallurgique, agroalimentaire, et dans l'industrie du caoutchouc, précise-t-elle.
De son côté, l'Agence régionale de santé (ARS) de Haute-Normandie indique sur son site internet que la N-Nitrosomorpholine ne fait pas actuellement l'objet d'une réglementation. "Cette substance (...) est cependant considérée comme potentiellement cancérigène et présente un risque pour la santé s'il y a une consommation quotidienne d'eau du robinet (environ 2 litres par jour et par personne) sur une très longue période", écrit-elle.